Vous avez signé. Le notaire vous a parlé de délais, de conditions suspensives, d’offre de prêt, et vous êtes ressorti avec un dossier et le sentiment d’avoir compris une phrase sur deux. Voici le calendrier réel des semaines qui viennent, et les trois dates qu’il ne faut pas laisser passer.
L’essentiel
• Vous disposez de dix jours calendaires pour renoncer, sans avoir à vous justifier. Ils commencent le lendemain de la première présentation de la lettre qui vous notifie le compromis.
• Le compromis fixe une date limite pour obtenir votre prêt. C’est l’échéance la plus tendue du parcours.
• Quand l’offre de prêt arrive, un second délai de dix jours s’ouvre — mais celui-là vous oblige à attendre avant de signer.
• Renvoyer l’offre de prêt trop tôt l’annule, et tout est à refaire.
• Comptez généralement deux à trois mois entre le compromis et la remise des clés.
Le compromis de vente ouvre une succession de délais encadrés par la loi. Le délai de rétractation de dix jours calendaires prévu à l’article L. 271-1 du Code de la construction et de l’habitation court à compter du lendemain de la première présentation de la lettre notifiant l’avant-contrat à l’acquéreur non professionnel. La condition suspensive d’obtention de prêt, régie par la loi Scrivener, ne peut être inférieure à un mois et s’établit en pratique entre quarante-cinq et soixante jours. À réception de l’offre de prêt, l’article L. 313-34 du Code de la consommation impose un délai de réflexion de dix jours calendaires : l’acceptation n’est possible qu’à partir du onzième jour, et l’offre reste valable trente jours minimum à compter de sa réception. L’article L. 313-36 prévoit que la vente doit être conclue dans les quatre mois suivant l’acceptation de l’offre, sauf délai plus long convenu entre les parties.
Le calendrier en un coup d’œil
| Étape | Délai | Ce qu’il ne faut pas rater |
|---|---|---|
| Rétractation | 10 jours calendaires après notification du compromis | Renoncer sans justification, par lettre recommandée |
| Dépôt du dossier bancaire | Dans les jours qui suivent la signature | Chaque jour perdu réduit votre marge |
| Obtention de l’offre de prêt | Date inscrite au compromis, souvent 45 à 60 jours | Faire proroger par écrit si le délai va être dépassé |
| Réflexion sur l’offre de prêt | 10 jours calendaires après réception | Ne jamais renvoyer avant le 11e jour |
| Acceptation de l’offre | Entre le 11e et le 30e jour | Au-delà, l’offre devient caduque |
| Visite avant signature | Quelques jours avant l’acte | Vérifier l’état du bien et ce qui reste dedans |
| Acte authentique | Généralement 2 à 3 mois après le compromis | Remise des clés le jour même |
Les dix jours pour changer d’avis
C’est votre protection la plus forte, et elle ne dure pas longtemps.
Pendant dix jours calendaires — week-ends et jours fériés compris — vous pouvez renoncer à l’achat sans avoir à vous expliquer, sans indemnité, et sans perdre votre dépôt de garantie. Il suffit d’envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception.
Le point qui piège tout le monde : ce délai ne commence pas le jour de la signature. Il commence le lendemain de la première présentation de la lettre recommandée qui vous notifie le compromis signé. Peu importe que vous soyez chez vous ou non, que vous alliez chercher le courrier ou pas.
Notez cette date quelque part dès que vous recevez l’avis de passage. C’est elle qui compte.
Bon à savoir
Ce délai appartient uniquement à l’acheteur. Le vendeur, lui, est engagé dès la signature et ne dispose d’aucune possibilité de se rétracter. Si vous hésitez encore, ces dix jours sont le dernier moment où sortir ne vous coûte rien.
L’échéance la plus tendue : obtenir votre prêt
Votre compromis contient une date limite pour obtenir votre financement. C’est la condition suspensive de prêt, et c’est elle qui vous protège si la banque refuse.
Mais cette protection a une contrepartie : vous devez avoir fait les démarches sérieusement et dans les temps. Un acheteur qui déposerait son dossier trois semaines avant l’échéance ne pourrait pas invoquer un refus pour se désengager sans risque.
En pratique, ce délai est souvent trop court. Entre les rendez-vous, l’instruction du dossier, l’édition de l’offre et le délai de réflexion obligatoire, il faut plus de temps qu’on ne l’imagine. D’où une règle simple : déposez votre dossier dans les jours qui suivent la signature, pas quand vous y penserez.
Si vous voyez que l’échéance va être dépassée, ne laissez pas la date passer. Une prorogation se demande par écrit, signée des deux parties, avant l’expiration. Un accord verbal avec l’agent immobilier ne vaut rien.
Le deuxième délai de dix jours, celui qu’on confond
Voici la source de confusion la plus fréquente de tout le parcours : il existe deux délais de dix jours, et ils ne servent pas du tout à la même chose.
- Après le compromis, dix jours pendant lesquels vous pouvez renoncer.
- Après réception de l’offre de prêt, dix jours pendant lesquels vous devez attendre.
Le second est un délai de réflexion imposé par la loi. Vous ne pouvez accepter l’offre de prêt qu’à partir du onzième jour suivant sa réception. Et ce n’est pas une formalité : une offre renvoyée avant ce terme est nulle. La banque doit en rééditer une, un nouveau délai de dix jours repart, et pendant ce temps l’échéance de votre compromis, elle, continue de courir.
Datez votre signature, gardez la preuve d’envoi, et acceptez l’offre au plus tard dans les trente jours suivant sa réception. Au-delà, elle devient caduque et la banque n’est plus tenue par les conditions proposées.
La dernière ligne droite
Une fois l’offre de prêt acceptée, le notaire cale la date de l’acte authentique avec la banque, qui doit débloquer les fonds.
Deux choses à faire pendant ces dernières semaines.
Souscrire votre assurance habitation. Elle doit être en place le jour de la signature, le notaire vous en demandera l’attestation.
Demander la visite avant signature. Quelques jours avant l’acte, vous avez le droit de revoir le bien. Vérifiez que rien n’a bougé, que ce qui devait rester est resté, que les compteurs correspondent. C’est le dernier moment où un problème peut encore se régler.
Le point de vigilance
Les dates du compromis et celles du prêt ne se calent pas toutes seules. Votre condition suspensive expire à une date, l’offre de prêt est valable trente jours, et la vente doit être conclue dans les quatre mois suivant son acceptation. Trois calendriers différents, qui avancent chacun de leur côté. Notez les trois dates sur le même papier le jour où vous signez le compromis — c’est la meilleure façon de voir venir un décalage avant qu’il ne devienne un problème.
Questions fréquentes
Comment ça se passe après la signature du compromis ?
Trois choses s’enchaînent : votre délai de rétractation de dix jours, le dépôt de votre dossier de prêt, puis l’attente de l’offre bancaire. Le notaire, pendant ce temps, réunit les pièces et purge les droits de préemption éventuels.
Quel est le délai légal après un compromis de vente ?
La loi impose dix jours de rétractation et un délai minimum d’un mois pour la condition suspensive de prêt. Le reste la date de l’acte authentique notamment est fixé par le contrat, généralement entre deux et trois mois.
Que se passe-t-il si je n’obtiens pas mon prêt ?
Si vous avez respecté les conditions du compromis et que vous présentez un refus en bonne et due forme, la vente est annulée et votre dépôt de garantie vous est restitué. Conservez toutes les preuves de vos démarches : ce sont elles qui feront la différence en cas de discussion.
Peut-on encore se rétracter passé les dix jours ?
Plus librement. Au-delà, seules les conditions suspensives prévues au contrat permettent de se désengager sans conséquence. Un renoncement hors de ces cas expose à l’indemnité prévue au compromis.
En résumé
- Notez la date de première présentation du recommandé : c’est le point de départ de vos dix jours
- Déposez votre dossier de prêt immédiatement après la signature
- N’acceptez jamais l’offre de prêt avant le onzième jour, sous peine de tout recommencer
- Toute prolongation d’échéance se fait par écrit, avant la date limite
- Demandez la visite avant signature : c’est votre dernière vérification
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Sources
- Service-Public.fr — promesse et compromis de vente : délai de rétractation.
- Service-Public.fr — offre de prêt immobilier : délai de réflexion et validité.
- ANIL — Agence nationale pour l’information sur le logement.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les délais contractuels varient d’un compromis à l’autre ; référez-vous à votre acte et à votre notaire.
Écrit par Prescilla Fichter — Fondatrice de Mafusee.com