Assurance auto après résiliation : AGIRA, surprime et Bureau central de tarification

Mise à jour :

10 août 2026

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8 min

Être résilié par son assureur ne ferme pas le marché, il le déplace. La résiliation est consignée au fichier AGIRA, consultable par toutes les compagnies : trois ans pour un non-paiement, cinq ans pour une sinistralité excessive. Des assureurs spécialisés couvrent ces profils, avec une surprime généralement comprise entre 50 et 100 % pendant deux à trois ans, révisée à la baisse chaque année sans sinistre. En cas de refus généralisé, le Bureau central de tarification peut contraindre un assureur à vous couvrir en responsabilité civile.

L’essentiel

• La résiliation figure au fichier AGIRA : trois ans pour non-paiement, cinq ans pour sinistres, et elle est vérifiée à chaque souscription.

• Une dette non soldée auprès de l’ancien assureur bloque toute nouvelle souscription : la régularisation est le premier réflexe.

• Le Bureau central de tarification, saisi gratuitement, désigne un assureur tenu de vous couvrir en responsabilité civile.

• Taire une résiliation est une fausse déclaration : elle expose à la nullité du contrat et au refus total d’indemnisation.

• Un courtier inscrit à l’ORIAS, sous contrôle de l’ACPR, connaît les compagnies qui acceptent ces dossiers.

La résiliation d’un contrat automobile obéit au Code des assurances. L’article L113-3 permet la résiliation pour non-paiement après mise en demeure et un délai de trente jours, la suspension intervenant dès le dixième jour. L’article L113-4 ouvre la résiliation pour aggravation du risque, l’article L113-8 la nullité pour fausse déclaration intentionnelle. Le fichier AGIRA centralise les informations sur le risque en assurance et conserve les résiliations selon leur motif. Le relevé d’informations, obligatoirement remis sous quinze jours, retrace bonus-malus et sinistres des cinq dernières années. Le Bureau central de tarification, placé sous la tutelle du ministère de l’Économie, peut être saisi après refus et fixe la prime de l’assurance obligatoire de responsabilité civile instaurée par la loi du 27 février 1958. Le Fonds de garantie des assurances obligatoires indemnise les victimes de conducteurs non assurés. Tout courtier est inscrit à l’ORIAS sous le contrôle de l’ACPR.

Identifier le motif, parce qu’il détermine tout le reste

Toutes les résiliations ne se valent pas aux yeux du marché. Le motif inscrit sur votre relevé d’informations conditionne les assureurs qui vous accepteront et le niveau de surprime.

  • Non-paiement de cotisation. Le motif le plus fréquent. Après mise en demeure, la garantie est suspendue puis le contrat résilié. La dette reste due, et elle vous suit.
  • Sinistres responsables répétés. Aucun seuil légal : c’est une décision commerciale de l’assureur, souvent après deux sinistres responsables rapprochés, avec préavis d’un mois.
  • Aggravation du risque non déclarée. Véhicule plus puissant, usage professionnel non signalé, déménagement, changement de conducteur principal.
  • Fausse déclaration. Le cas le plus grave, car il peut entraîner la nullité rétroactive du contrat et non une simple résiliation.
  • Suite à une condamnation. Alcoolémie, stupéfiants, délit de fuite, annulation de permis. Ces profils relèvent d’un marché très restreint.

Si c’est vous qui avez résilié, la situation est tout autre : vous n’êtes pas un conducteur résilié et aucune surprime ne s’applique. Voir résilier son assurance auto.

Bon à savoir

Rouler sans assurance est un délit, passible d’une amende forfaitaire et de peines complémentaires, avec immobilisation possible du véhicule. Si vous êtes responsable d’un accident, le Fonds de garantie indemnise les victimes puis se retourne contre vous, personnellement et sans plafond. Ne laissez jamais s’installer une période non assurée en attendant de trouver mieux.

Ce que change une inscription au fichier AGIRA

L’AGIRA centralise les informations sur les risques en assurance. Toute compagnie sollicitée y accède. Inutile donc d’espérer qu’une résiliation passe inaperçue : elle sera vue, et une omission de votre part transformera un dossier difficile en dossier nul.

La durée de conservation dépend du motif, généralement trois ans pour un non-paiement et cinq ans pour une résiliation liée à la sinistralité. Passé ce délai, l’information n’est plus opposable.

MotifSurprime constatéeDurée indicativePriorité d’action
Non-paiementOrdre de 50 à 80 %2 à 3 ansSolder la dette avant toute démarche
Sinistres responsablesOrdre de 80 à 100 %3 à 5 ansStage de conduite, véhicule moins puissant
Aggravation du risqueOrdre de 50 à 100 %2 à 4 ansRégulariser la déclaration du risque réel
Alcool ou stupéfiantsAu-delà de 100 %3 à 5 ansAssureur spécialisé, puis Bureau central de tarification
Annulation de permisAu-delà de 100 %3 à 5 ansRepasser le permis, puis reconstruire un historique

Ces fourchettes sont des ordres de grandeur observés sur le marché. Elles varient fortement selon l’âge, le véhicule, la zone et le bonus-malus conservé.

La procédure devant le Bureau central de tarification

C’est un droit, pas une faveur. Si vous ne trouvez aucun assureur, le BCT désigne une compagnie tenue de vous couvrir pour l’assurance obligatoire de responsabilité civile.

  • La condition préalable. Un refus écrit d’un assureur, ou une absence de réponse à une demande formelle après quinze jours.
  • Le délai. La saisine doit intervenir dans les quinze jours suivant le refus, par lettre recommandée avec accusé de réception.
  • Le périmètre. La responsabilité civile uniquement. Aucune garantie dommages, vol ou bris de glace n’est imposée à l’assureur désigné.
  • Le coût. La saisine est gratuite, mais la prime fixée est élevée. C’est une solution de dernier recours, pas une option de confort.

Reconstruire un profil assurable

La surprime n’est pas une punition définitive : elle se révise. Chaque année sans sinistre améliore mécaniquement votre position, à condition de rester assuré sans interruption.

  • Solder l’impayé. Tant que la dette existe, les portes restent fermées. Demandez un justificatif de solde de tout compte.
  • Suivre un stage de sensibilisation. Certains assureurs en tiennent compte dans leur tarification, en particulier après des sinistres responsables.
  • Choisir un véhicule modeste. Puissance fiscale réduite, valeur limitée, formule au tiers. L’objectif est d’être assuré, pas d’être bien assuré, pendant deux ans.
  • Limiter le kilométrage déclaré. Une formule petits rouleurs réduit l’exposition et la prime, si elle correspond à votre usage réel.
  • Ne jamais laisser de trou de couverture. Une interruption d’assurance est un signal négatif de plus, ajouté à la résiliation.

Une fois la période de surprime passée, les leviers redeviennent classiques : ils sont détaillés dans notre article sur les leviers qui font baisser la prime.

Pourquoi le courtier est décisif sur ce profil

Sur un dossier standard, un comparateur suffit souvent. Sur un dossier résilié, il ne renvoie que des refus, parce que les assureurs qui traitent ces profils ne figurent pas sur ces plateformes et travaillent presque exclusivement par apporteurs.

Le courtier sait lesquels acceptent quel motif, présente le dossier avec les éléments de contexte utiles, et évite la multiplication des refus, qui dégrade encore votre position. Il reprend ensuite le dossier chaque année pour faire réviser la surprime.

Son immatriculation à l’ORIAS, sous le contrôle de l’ACPR, se vérifie gratuitement sur orias.fr. Sur ses honoraires, lisez un courtier gratuit, est-ce que ça existe, et préparez l’échange avec les trois questions à poser à votre courtier.

Le conseil du courtier

Ne multipliez pas les demandes en ligne après une résiliation. Chaque refus vous fait perdre du temps sans rien vous apprendre, et vous finissez par accepter la première offre venue, souvent la plus chère du marché. Réunissez d’abord vos pièces : relevé d’informations, lettre de résiliation, justificatif de solde de la dette. Un dossier complet présenté une fois au bon assureur vaut mieux que dix demandes dispersées.

Questions fréquentes

Combien de temps une résiliation me suit-elle ?

Généralement trois ans pour un non-paiement et cinq ans pour une résiliation liée aux sinistres. Le bonus-malus et l’historique de sinistres figurent quant à eux sur le relevé d’informations des cinq dernières années.

Puis-je m’assurer avec une dette chez mon ancien assureur ?

En pratique non. La régularisation est la première étape, et elle conditionne toutes les autres. Demandez une attestation de solde une fois le paiement effectué.

Dois-je déclarer ma résiliation au nouvel assureur ?

Oui, sans exception. L’information figure sur votre relevé d’informations et au fichier AGIRA. La dissimuler constitue une fausse déclaration intentionnelle, sanctionnée par la nullité du contrat et l’absence totale d’indemnisation.

La surprime est-elle définitive ?

Non. Elle se réduit à chaque échéance sans sinistre et disparaît au terme de la période prévue. Encore faut-il demander la révision : elle n’est presque jamais appliquée spontanément.

Le Bureau central de tarification garantit-il un tarif raisonnable ?

Non. Il garantit une couverture en responsabilité civile, pas un prix. La prime qu’il fixe est souvent élevée et les garanties se limitent au minimum légal. C’est un filet de sécurité, à activer après avoir épuisé le marché.

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Sources

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les montants et taux cités sont des ordres de grandeur susceptibles d’évoluer ; vérifiez les informations en vigueur auprès des sources officielles ci-dessus ou d’un courtier agréé ORIAS.

Écrit par Prescilla Fichter, Fondatrice de Mafusee.com