Les étapes d'un achat immobilier, de la première question aux clés

Un achat immobilier n’est pas une grande décision, mais une centaine de petites, prises dans un certain ordre. C’est cet ordre qui fait la différence entre un projet qui avance et un projet qui s’enlise. Voici les cinq phases, ce qui se joue dans chacune, et à quel moment chaque professionnel entre en scène.

L’essentiel

• Un achat se déroule en cinq phases : préparer, trouver, sécuriser, conclure, s’installer.

• Le financement se prépare avant les visites, jamais l’inverse.

• Une offre acceptée vous engage. Le délai de rétractation de dix jours ne commence qu’après la signature du compromis.

• Entre le compromis et les clés, comptez généralement deux à trois mois. Entre la première question et l’emménagement, six à douze.

• Cinq à dix professionnels interviennent, chacun à un moment précis.

Le parcours d’acquisition d’un logement en France est jalonné de délais encadrés par la loi. L’acquéreur non professionnel dispose d’un délai de rétractation de dix jours calendaires à compter du lendemain de la première présentation de la lettre notifiant l’avant-contrat, en application de l’article L. 271-1 du Code de la construction et de l’habitation. La condition suspensive d’obtention de prêt, régie par la loi Scrivener, ne peut être inférieure à un mois et s’établit en pratique entre quarante-cinq et soixante jours. L’offre de prêt émise par la banque ouvre un délai de réflexion de dix jours calendaires prévu à l’article L. 313-34 du Code de la consommation, l’acceptation n’étant possible qu’à partir du onzième jour. Le dossier de diagnostic technique est remis au plus tard à la signature de la promesse ou du compromis, conformément à l’article L. 271-4 du même code, tandis que l’état des risques est communiqué dès la première visite du bien. La vente devient définitive à la signature de l’acte authentique chez le notaire, qui procède ensuite à la publication du transfert de propriété.

Les cinq phases d’un achat immobilier

Phase Ce qui se joue Qui intervient
Préparer Connaître votre budget et réunir vos pièces Votre banque, un courtier
Trouver Cibler, visiter, comparer Agences, chasseur de biens
Sécuriser Vérifier le bien, faire une offre protégée Diagnostiqueur, artisan
Conclure Compromis, financement, acte authentique Notaire, banque, assureur
S’installer Clés, travaux, démarches Artisans, fournisseurs

1. Préparer : savoir ce que vous pouvez emprunter

Tout commence par un point sur votre situation : vos revenus, vos crédits en cours, ce que vous pouvez apporter, ce que vous gardez pour vivre. Ensuite seulement vient le premier rendez-vous.

Et là se pose la question qui bloque le plus de projets : faut-il aller voir sa banque, un courtier, ou une agence ? L’ordre a des conséquences durables, notamment parce qu’une banque n’instruit pas deux fois le même dossier.

→ Qui contacter en premier : la banque, un courtier ou une agence ?

2. Trouver : visiter au bon moment

Visiter est la partie agréable, et c’est par là que presque tout le monde commence. C’est aussi la meilleure façon de perdre six mois : un coup de cœur pour un bien inaccessible rend tout le reste décevant.

Le feu vert n’est pas une date, c’est un état de préparation. Et une agence trie ses acheteurs dès le premier appel : savoir répondre à trois questions change la façon dont on vous traite.

→ Quand commencer les visites ?

3. Sécuriser : vérifier, puis proposer

Vous avez trouvé. C’est le moment où l’on se dépêche, et celui où il faut prendre deux jours. Les diagnostics, les procès-verbaux d’assemblée générale en copropriété, les travaux votés, l’environnement : autant d’informations qui changent le prix que vous êtes prêt à proposer.

Vient ensuite l’offre, le document le plus court de tout votre achat et le premier qui vous engage vraiment. Deux lignes vous protègent : une durée de validité courte, et la mention que l’achat dépend de l’obtention de votre prêt.

4. Conclure : du oui du vendeur à la remise des clés

Le vendeur accepte. Commence alors la période la plus dense, et la plus encadrée : choix du notaire, constitution du dossier de prêt, signature du compromis, délai de rétractation, condition suspensive, offre de prêt et son délai de réflexion, visite avant signature, acte authentique.

Trois calendriers avancent en parallèle, chacun de son côté. C’est là que se jouent les erreurs les plus coûteuses, et elles sont toutes évitables.

Et si vous faites construire

Acheter un terrain n’est pas acheter une maison en plus petit. Vous achetez une promesse : celle qu’on pourra construire, s’y raccorder, et tenir sur ce sol. Certificat d’urbanisme, viabilisation, étude de sol, bornage, permis, contrat de construction : le chemin est différent, et les protections aussi.

→ Acheter un terrain pour faire construire : les étapes

Qui fait quoi, et qui paie qui

Cinq à dix professionnels interviennent dans un achat. Presque tous sont payés par quelqu’un d’autre que vous, et ça change la façon dont il faut écouter leurs conseils. L’agence est mandatée par le vendeur, le courtier défend votre dossier, le notaire n’est au service de personne en particulier.

→ Courtier, notaire, agent immobilier : qui fait quoi, et quand ?

Bon à savoir

Les projets bloquent rarement sur l’argent. Ils bloquent sur l’ordre des étapes : une visite avant de connaître son budget, une offre écrite sans protection, un dossier de prêt déposé trop tard. Chacune de ces erreurs coûte des semaines, et aucune ne se rattrape ensuite.

Questions fréquentes

Combien de temps dure un achat immobilier ?

De six à douze mois en général, entre la première question et l’emménagement. La partie encadrée par la loi, entre le compromis et la remise des clés, dure le plus souvent deux à trois mois. Le reste dépend de votre préparation et du marché de votre secteur.

Dans quel ordre faut-il s’y prendre ?

Le financement d’abord, la recherche ensuite, les visites après, l’offre en dernier. C’est l’inverse de ce que font la plupart des acheteurs, et c’est ce qui explique la plupart des mois perdus.

Peut-on changer d’avis après avoir signé ?

Après le compromis, oui : vous disposez de dix jours calendaires pour renoncer, sans avoir à vous justifier. Après une simple offre acceptée, non : il n’existe pas de droit de rétractation automatique à ce stade.

À quel moment contacter un notaire ?

Avant la signature du compromis, jamais après. C’est à ce moment que ses vérifications ont encore une utilité. Et vous pouvez choisir le vôtre même si le vendeur a déjà le sien, sans payer plus cher.

Savoir où vous en êtes, et quoi faire maintenant

Le parcours Mafusee reprend ces cinq phases et les adapte à votre situation : ce qu’il faut faire maintenant, les documents à préparer, et le professionnel à contacter. C’est gratuit, sans inscription, et ça prend deux minutes.

Sources

Cette page est fournie à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les délais contractuels varient d’un dossier à l’autre ; référez-vous à vos actes et à votre notaire.

Écrit par Prescilla Fichter — Fondatrice de Mafusee.com