Multirisque habitation : toutes les garanties, plafonds et exclusions

Mise à jour :

6 août 2026

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Un contrat multirisque habitation repose sur cinq garanties socle présentes chez tous les assureurs : incendie, dégâts des eaux, vol et vandalisme, responsabilité civile vie privée, catastrophes naturelles. Tout le reste est optionnel. Ce qui distingue deux contrats n’est presque jamais la liste des garanties, mais trois chiffres cachés aux conditions générales : le plafond d’indemnisation, la franchise et le sous-plafond objets de valeur, souvent limité à 10 ou 20 % du capital mobilier. Plus de 27 millions de foyers français détiennent une MRH.

L’essentiel

• Cinq garanties forment le socle de toute MRH ; les autres lignes du devis sont des options facturées.

• La garantie catastrophes naturelles s’ajoute d’office par effet de la loi du 13 juillet 1982, avec une surprime et une franchise légales.

• Les objets de valeur relèvent d’un sous-plafond distinct : au-delà, il faut une déclaration nominative et parfois une expertise.

• Les exclusions les plus fréquentes sont le défaut d’entretien, l’usure normale, la faute intentionnelle et les véhicules à moteur.

• Un courtier immatriculé à l’ORIAS, sous contrôle de l’ACPR, compare les plafonds réels et non les intitulés de garanties.

Le contrat multirisque habitation combine assurance de choses et assurance de responsabilité. Le Code des assurances en fixe l’architecture : déclaration du risque à la souscription, règle proportionnelle de capitaux en cas de sous-assurance, déchéance en cas de fausse déclaration intentionnelle, délais de déclaration de sinistre de cinq jours ouvrés et deux jours pour le vol. La garantie catastrophes naturelles procède de la loi du 13 juillet 1982, adossée à la Caisse centrale de réassurance et déclenchée par arrêté interministériel publié au Journal officiel. La convention IRSI, entrée en vigueur en 2018, organise la gestion des sinistres dégâts des eaux et incendie jusqu’à 5 000 € entre assureurs. Le coefficient de vétusté, la valeur d’usage et la valeur à neuf déterminent le montant réellement versé. Les garanties tempête, grêle et neige forment le régime TGN. Tout intermédiaire est inscrit à l’ORIAS sous le contrôle de l’ACPR.

Les cinq garanties socle, poste par poste

GarantieÉvénements couvertsPoint de vigilance
Incendie et risques annexesIncendie, explosion, implosion, foudre, fuméesIndemnisation en valeur de reconstruction ou en valeur d’usage
Dégâts des eauxFuites de canalisations, débordements, infiltrations par toitureRecherche de fuite destructive et remise en état après recherche
Vol et vandalismeEffraction, escalade, usage de fausses clés, dégradationsMesures de protection imposées : serrure, volets, alarme
Responsabilité civile vie privéeDommages causés aux tiers par vous, vos enfants, vos animauxPérimètre familial exact et couverture hors du domicile
Catastrophes naturellesInondation, sécheresse, séisme, mouvement de terrainArrêté interministériel obligatoire, franchise légale non rachetable

Dégâts des eaux, le sinistre le plus fréquent. Regardez précisément deux lignes : la prise en charge de la recherche de fuite lorsqu’elle nécessite de casser un mur ou un sol, et la remise en état après cette recherche. Certains contrats couvrent la recherche mais pas la réparation du carrelage démonté.

Vol, la garantie la plus conditionnée. L’assureur impose des mesures de protection décrites aux conditions particulières. Une porte fermée à un seul tour, une fenêtre entrouverte ou une alarme non enclenchée peuvent réduire ou annuler l’indemnisation.

Responsabilité civile, la plus large et la moins lue. Elle vous suit en dehors du logement : un ballon dans une vitrine, un vélo qui renverse un piéton, un chien qui mord. Vérifiez qui elle couvre exactement, notamment les enfants majeurs rattachés au foyer fiscal et les personnes hébergées.

Bon à savoir

La garantie catastrophes naturelles ne s’active jamais seule. Il faut un arrêté interministériel reconnaissant l’état de catastrophe naturelle pour votre commune et pour la période du sinistre. Sans arrêté, le dommage relève des garanties classiques, ou n’est pas couvert du tout. Le retrait-gonflement des argiles, qui fissure les maisons après un été sec, est le principal motif de ces arrêtés.

Les options qui valent leur prix, et les autres

  • Dommages électriques : surtension, orage, court-circuit. Pertinente dans un foyer très équipé ou une installation ancienne. Vérifiez si elle couvre les appareils ou seulement l’installation.
  • Bris de glace : baies vitrées, véranda, insert, plaque vitrocéramique. Rarement rentable avec des fenêtres standard.
  • Protection juridique : conflits de voisinage, litiges avec un artisan ou un bailleur. Souvent déjà présente dans un contrat auto.
  • Assistance et relogement : hébergement provisoire si le logement devient inhabitable, garde des animaux, aide à domicile. La ligne la plus utile après un sinistre grave, et la moins regardée à la souscription.
  • Extension objets de valeur : indispensable dès que bijoux, instruments ou matériel dépassent le sous-plafond du contrat.
  • Garantie jardin et extérieurs : mobilier, clôtures, plantations, abri. Détaillée dans notre article assurance habitation avec piscine et jardin.

Comment vous serez réellement indemnisé

C’est le mécanisme le plus mal compris de la MRH. Trois modes coexistent et l’écart entre eux se compte en milliers d’euros.

  • Valeur d’usage : valeur de remplacement moins un coefficient de vétusté lié à l’âge du bien. C’est le mode par défaut. Un téléviseur de six ans peut être indemnisé à une fraction de son prix d’achat.
  • Valeur à neuf : la vétusté est neutralisée, dans une limite contractuelle souvent fixée à 25 %, et le complément est versé sur présentation des factures de remplacement.
  • Rééquipement à neuf : formule la plus protectrice sur le mobilier, généralement limitée aux biens de moins de cinq ou dix ans.

La règle proportionnelle de capitaux. Si le capital mobilier déclaré représente 60 % de la valeur réelle de vos biens, l’assureur peut réduire toute indemnité de 40 %, y compris sur un sinistre partiel très inférieur au plafond. C’est la sanction directe de la sous-déclaration.

Les exclusions que l’on découvre trop tard

  • Le défaut d’entretien. Toiture non entretenue, canalisation vétuste, gouttière obstruée. C’est le premier motif de refus d’indemnisation.
  • L’usure normale. Un équipement en fin de vie qui tombe en panne n’est pas un sinistre.
  • Les véhicules terrestres à moteur. Voiture, scooter, quad garés au domicile relèvent de l’assurance auto, jamais de la MRH.
  • Les biens professionnels. Stock, marchandises, matériel d’activité : ils exigent un contrat professionnel dédié.
  • Les caves, greniers et garages. Non exclus, mais soumis à des plafonds fortement réduits.
  • L’inoccupation prolongée. Au-delà de trente ou soixante jours consécutifs, la garantie vol est souvent suspendue. C’est le sujet central de l’assurance de résidence secondaire.

Le bon contrat dépend de votre statut

Un même intitulé de garantie ne recouvre pas les mêmes besoins selon que vous occupez, louez ou mettez en location.

Ce qu’apporte un courtier agréé ORIAS

Comparer des MRH sur les intitulés de garanties ne sert à rien : tous les contrats affichent les mêmes lignes. La comparaison utile porte sur les montants, et ces montants figurent aux conditions générales, rarement au devis.

Le courtier lit ces documents pour vous, met les plafonds en face les uns des autres et signale les exclusions qui vous concernent réellement compte tenu de votre logement. Il connaît aussi les assureurs qui acceptent les profils que les comparateurs rejettent : bâti ancien, zone d’aléa, antécédent de résiliation.

Son immatriculation à l’ORIAS, sous le contrôle de l’ACPR, se vérifie gratuitement sur orias.fr. Elle impose formation continue, transparence sur la rémunération et responsabilité civile professionnelle. Un intermédiaire non inscrit exerce illégalement. Sur ce sujet, voyez un courtier gratuit, est-ce que ça existe et les trois questions à poser à votre courtier.

Le conseil du courtier

Demandez systématiquement les conditions générales avant de signer, pas seulement le tableau de garanties commercial. Puis cherchez trois chiffres : le capital mobilier, le sous-plafond objets de valeur et la franchise dégâts des eaux. Ces trois nombres expliquent la quasi-totalité des écarts de prix du marché. Une fois le contrat signé, photographiez chaque pièce et archivez vos factures en ligne.

Questions fréquentes

La multirisque habitation est-elle obligatoire ?

Pour un locataire, oui, au moins sur les risques locatifs, en application de la loi du 6 juillet 1989. Pour un propriétaire occupant en maison individuelle, non. En copropriété, la loi Alur impose au minimum une responsabilité civile.

Comment estimer mon capital mobilier ?

Faites l’inventaire pièce par pièce en raisonnant en valeur de remplacement à neuf, pas en prix d’achat historique. La plupart des foyers sous-estiment ce montant, en particulier sur l’électroménager, l’informatique et le linge de maison.

Un dégât des eaux venant du voisin, qui indemnise ?

Votre propre assureur vous indemnise, puis exerce son recours. La convention IRSI attribue la gestion à l’un des assureurs pour les sinistres jusqu’à 5 000 €, ce qui évite les blocages entre compagnies.

Mon vélo volé dans la cave est-il couvert ?

Souvent oui, mais avec un plafond réduit propre aux dépendances, et à condition qu’il y ait effraction caractérisée. Un vélo volé dans une cave laissée ouverte n’est en général pas indemnisé.

Combien de temps ai-je pour déclarer un sinistre ?

Cinq jours ouvrés dans le cas général, deux jours ouvrés pour un vol, et dix jours après publication de l’arrêté pour une catastrophe naturelle. Passé ces délais, l’assureur peut opposer la déchéance de garantie.

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Sources

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les montants et taux cités sont des ordres de grandeur susceptibles d’évoluer ; vérifiez les informations en vigueur auprès des sources officielles ci-dessus ou d’un courtier agréé ORIAS.

Écrit par Prescilla Fichter, Fondatrice de Mafusee.com