Le fonds euros garantit votre capital mais a servi environ 2,5 % brut en moyenne en 2025, soit près de 1,5 à 2 % net après 17,2 % de prélèvements sociaux et frais de gestion. Les unités de compte n’offrent aucune garantie mais donnent accès aux actions, aux SCPI et aux ETF, avec un rendement historique de l’ordre de 5 à 8 % par an sur les marchés actions à long terme. La question n’est pas de choisir l’un ou l’autre mais de fixer la proportion : en pratique, elle se déduit de votre horizon de placement.
L’essentiel
• Le fonds euros garantit le capital par effet cliquet : les intérêts acquis ne peuvent plus être repris.
• Les unités de compte s’expriment en parts, pas en euros : c’est le nombre de parts qui est garanti, jamais leur valeur.
• L’horizon de placement est le premier critère de répartition, avant même la tolérance au risque.
• Les frais pèsent plus lourd que le choix du support : frais d’entrée, de gestion et d’arbitrage se cumulent.
• Un arbitrage entre supports ne déclenche aucune imposition, ce qui permet de réajuster à tout moment.
Les supports d’un contrat multisupport relèvent du Code des assurances et de la surveillance de l’ACPR, avec l’AMF pour les instruments financiers sous-jacents. Le fonds euros, ou actif général de l’assureur, est majoritairement investi en obligations souveraines et d’entreprises ; sa garantie repose sur l’effet cliquet et sur la provision pour participation aux bénéfices, dont la loi Sapin 2 encadre le blocage exceptionnel des rachats. Les unités de compte regroupent OPCVM, SICAV, FCP, ETF indiciels, SCPI, OPCI et produits structurés, chacun présenté dans un document d’informations clés au format PRIIPS. Le règlement SFDR classe les fonds selon leurs critères ESG. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent au fil de l’eau sur le fonds euros et au rachat sur les unités de compte. La gestion pilotée, la gestion sous mandat et les options de sécurisation progressive des plus-values sont proposées par les assureurs et distribuées par des intermédiaires immatriculés à l’ORIAS, soumis au devoir de conseil de la directive sur la distribution d’assurances.
Cet article traite du choix des supports et de leur pondération. La fiscalité des gains au rachat, l’abattement de 4 600 € et le prélèvement forfaitaire unique font l’objet d’articles distincts.
Le fonds euros : ce que garantit réellement la garantie
Le fonds euros repose sur un mécanisme précis appelé effet cliquet. Chaque année, les intérêts crédités deviennent définitivement acquis et s’ajoutent au capital garanti. Une année de baisse des marchés ne peut pas les reprendre.
L’assureur y parvient en investissant l’actif général principalement en obligations d’État et d’entreprises, avec une part limitée d’immobilier et d’actions. Cette allocation prudente explique à la fois la stabilité du support et la modestie de son rendement.
Deux nuances méritent d’être connues. La garantie porte sur le capital net de frais de gestion : un contrat prélevant 1 % par an sur un fonds servant 0,8 % érode le capital. Et certains contrats proposent des fonds euros dits nouvelle génération, mieux rémunérés, mais conditionnés à un pourcentage minimal d’unités de compte au versement.
Bon à savoir
Une unité de compte est comptée en parts, pas en euros. L’assureur garantit le nombre de parts inscrites à votre contrat, jamais leur valeur de marché. C’est la formulation exacte qui figure dans les conditions générales, et elle résume l’essentiel du risque : une baisse des marchés diminue la valeur de rachat sans modifier le nombre de parts détenues.
Les unités de compte : quatre familles à distinguer
Parler « des UC » au singulier n’a pas grand sens : le terme recouvre des supports dont les profils de risque n’ont rien en commun. Quatre familles structurent l’offre.
- Fonds actions et ETF indiciels. Les plus volatils, mais aussi les plus rémunérateurs sur longue période. Les ETF affichent des frais courants très inférieurs à ceux des fonds gérés activement.
- Fonds obligataires. Volatilité intermédiaire, sensibles aux variations de taux d’intérêt. Ils servent souvent d’amortisseur entre fonds euros et actions.
- Immobilier papier : SCPI et OPCI. Revenus réguliers, faible corrélation aux marchés actions, mais liquidité plus lente et frais de souscription élevés.
- Fonds diversifiés et produits structurés. Allocation déléguée à un gérant, ou formule de rendement conditionnelle. Lisez systématiquement le document d’informations clés avant de souscrire.
Comparatif des deux supports
| Critère | Fonds euros | Unités de compte |
|---|---|---|
| Garantie du capital | Oui, avec effet cliquet annuel | Non, risque de perte en capital |
| Ordre de grandeur du rendement | Environ 2,5 % brut en 2025 | Variable, de négatif à deux chiffres selon l’année |
| Horizon conseillé | Tous horizons, y compris court terme | 8 ans et plus |
| Prélèvements sociaux | Prélevés chaque année sur les intérêts | Prélevés au rachat uniquement |
| Diversification | Limitée, obligataire à titre principal | Actions, obligations, immobilier, indices |
| Frais spécifiques | Frais de gestion du contrat | Frais de gestion du contrat + frais courants du support |
Fixer votre répartition à partir de votre horizon
La méthode la plus fiable consiste à partir de la date à laquelle vous aurez besoin de l’argent, puis à ajuster selon votre tolérance aux fluctuations.
| Horizon | Part d’unités de compte à titre indicatif | Logique |
|---|---|---|
| Moins de 5 ans | 0 à 10 % | Le capital doit être disponible à une date connue : la sécurité prime |
| 5 à 10 ans | 20 à 40 % | Une poche dynamique améliore le rendement sans exposer l’ensemble |
| Plus de 10 ans | 50 à 80 % | La durée permet d’absorber les cycles de marché |
| Épargne de précaution | 0 % | Elle n’a pas vocation à fluctuer, quel que soit l’horizon |
Deux correctifs s’appliquent ensuite. Si voir votre contrat baisser de 15 % vous conduirait à tout arbitrer en catastrophe, réduisez la part d’unités de compte : le pire scénario n’est pas la baisse, c’est la vente au plus bas. Et si vous approchez de l’échéance, la sécurisation progressive des plus-values, proposée en option par de nombreux contrats, transfère automatiquement les gains vers le fonds euros.
Les erreurs les plus fréquentes
Rester à 100 % en fonds euros sur vingt ans. Quand l’inflation dépasse le rendement net, le pouvoir d’achat du capital diminue chaque année, même si le solde affiché progresse.
Confondre versement programmé et gestion du risque. Verser tous les mois lisse le prix d’entrée, ce qui est utile, mais ne supprime pas le risque de marché sur le capital déjà investi.
Négliger les frais. Frais sur versement, frais de gestion du contrat, frais courants du support et frais d’arbitrage se cumulent. Un écart de 1 % par an modifie sensiblement le résultat sur vingt ans, davantage que le choix entre deux fonds comparables.
Détenir dix supports qui font la même chose. Six fonds actions internationales ne diversifient rien. La diversification se mesure aux classes d’actifs et aux zones géographiques, pas au nombre de lignes.
Le conseil du courtier
Avant de comparer les rendements, comparez les frais et l’étendue de l’offre de supports. Un contrat qui facture 3 % à l’entrée et 1 % de gestion annuelle part avec un handicap que peu de gérants rattrapent. Regardez aussi si les arbitrages sont gratuits : sans cela, réajuster votre répartition devient coûteux. Un courtier agréé ORIAS peut passer en revue votre contrat existant, chiffrer les frais réellement supportés et vous dire s’il vaut mieux l’optimiser que le remplacer.
Questions fréquentes
Peut-on perdre de l’argent sur un fonds euros ?
Le capital est garanti, mais la garantie s’entend nette de frais de gestion. Si le rendement servi est inférieur aux frais du contrat, la valeur peut stagner ou reculer légèrement. Et un rendement net inférieur à l’inflation fait perdre du pouvoir d’achat sans faire baisser le solde.
Un arbitrage vers les unités de compte est-il imposable ?
Non. Passer du fonds euros aux unités de compte, ou l’inverse, ne constitue pas un rachat et ne déclenche aucune imposition. Seuls d’éventuels frais d’arbitrage prévus au contrat s’appliquent.
Faut-il un capital important pour investir en unités de compte ?
Non. La plupart des contrats acceptent des montants de quelques dizaines d’euros par support, et les versements programmés permettent d’entrer progressivement. La gestion pilotée répartit automatiquement l’épargne selon un profil de risque défini au départ.
Que se passe-t-il si l’assureur fait faillite ?
Les contrats sont couverts par le fonds de garantie des assurances de personnes, à hauteur de 70 000 € par assuré et par compagnie, porté à 90 000 € pour les rentes. L’ACPR exerce par ailleurs une surveillance permanente de la solvabilité des assureurs.
Les SCPI en unités de compte sont-elles liquides ?
Moins que les fonds cotés. L’assureur assure généralement la liquidité au sein du contrat, mais les délais de valorisation et les frais de souscription sont plus élevés. Ces supports se justifient sur un horizon d’au moins huit à dix ans.
Faire auditer la répartition de votre contrat
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Sources
- Service-Public.fr — imposition des revenus d’un contrat d’assurance-vie (rachat).
- Service-Public.fr — droits de succession : évaluation et calcul.
- Service-Public.fr — rechercher si vous êtes bénéficiaire d’une assurance-vie.
- ORIAS — registre officiel des intermédiaires en assurance.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les montants et taux cités sont des ordres de grandeur susceptibles d’évoluer ; vérifiez les informations en vigueur auprès des sources officielles ci-dessus ou d’un courtier agréé ORIAS.
Écrit par Prescilla Fichter, Fondatrice de Mafusee.com